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Historique de la race

 

Le chien qui venait de l’eau froide

Les âmes poétiques veulent voir à l’origine du labrador, le mariage heureux d’un Terre-Neuve et d’une loutre. Les historiens, moins imaginatifs, situent ses ancêtres sur les côtes canadiennes de la Province de Terre-Neuve-et-Labrador, dur ant la deuxième moitié du 16ème siècle. Les habitants de l’île de Terre-neuve étaient accompagnés de chiens noirs appelés « chiens de Saint John » en référence à la capitale de l’île, Saint John. On distinguait le grand chien de Saint John, massif, à poil long ; et le petit chien de Saint John, plus léger, à poil court.
Ces deux types de chiens étaient utilisés au quotidien par les pêcheurs locaux : le plus grand, en attelage, pour tirer des chariots remplis de poissons ; le plus petit, sur les bateaux, pour ramener les filets, rattraper les poissons échappés et éventuellement venir au secours de leur maître tombé à l’eau.  

Chien de St JohnChien de St John


Alors que le grand chien de Saint John deviendra le Terre-Neuve, le petit chien de Saint John donnera naissance à notre Labrador. Une statue dédiée aux chiens de Saint John est d’ailleurs toujours visible sur le port de Saint John, à Terre-Neuve. Elle représente deux chiens regardant la mer dont le plus petit ressemble bien sur à s’y méprendre à un Labrador.

Les statues devant le port de St JohnLes statues devant le port de St John


Le petit chien de Saint John présentait déjà, selon les premières descriptions des explorateurs du début du 19ème siècle, toutes les qualités propres du Labrador : compagnons constants des pêcheurs de la mer d  u Labrador, sa réputati on de travailleur et de serviteur loyal lui avait fait gagner sa place sur la plupart des bateaux de l’île. C’est encore lui, inépuisable, qui, en rentrant de la marée, jouait avec les enfants de la famille. On vantait déjà ses talents de « rapporteur », son intelligence et son flair.


Quand l’aristocratie anglaise s’éprend d’un travailleur immigré

La province de Terre-neuve-et-Labrador était essentiellement fréquentée par des anglais et des irlandais. Avec de telles qualités, le petit chien de Saint John ne pouvait donc qu’être importé vers les côtes anglaises. Les premiers chiens de Saint John débarquent ainsi au port de Poole, sur la côte Sud de l’Angleterre, vers 1820. La noblesse reconnaît très vite les avantages qu’elle peut tirer de ce chien, excellent nageur et fin limier. Elle en fait un chien de chasse au gibier d’eau, spécialiste pour retrouver et rapporter à son maître les oiseaux tirés.
Pour le distinguer du grand chien de Saint John, le Terre-neuve, les gentlemen anglais le nomment chien du Ladrador et plus exactement, pour rappeler sa toute nouvelle fonction à la chasse, Retriever (« retrouveur » en anglais) du Labrador.
La mise en place de la quarantaine en Angleterre stoppe les importations en 1885, alors que dans le même temps, les chiens de Saint John, considérés comme en surpopulation sur l’île de Terre-Neuve, voient leur nombre grandement limité.

Comtes de Malmesbury et Ducs de Buccleuh vont œuvrer à établir le standard du Labrador moderne. Les chiens Avon et Ned, donnés par Malmesbury pour le programme d’élevage du Duc de Buccleuh dans les années 1880 sont ainsi considérés comme les chiens fondateurs des lignées de labradors actuels.

Buccleuchs AvonBuccleuchs Avon

Le Kennel Club britannique reconnaît la race en 1903. C’est cependant dans l’entre-deux guerre que sa popularité croit, lorsque la Comtesse Howe l’impose dans les expositions de beauté, tout en le faisant briller dans les concours de chasse. Son fameux champion, Banchory Bolo, fut le premier labrador à devenir, en 1919, à la fois champion de field-trial (concours de chasse) et champion de beauté. "Ce ne sont pas ses titres de champions qui me l'ont rendu si précieux, c'est parce que c'est le chien le plus intelligent, le plus humain que j'ai connu", disait de lui Lady Howe.
Dans les années 30, la famille Rothschild attache son nom à la race, et l’impose définitivement dans le cercle des chasseurs fortunés.

Banchory Bolo et ses descendantsBanchory Bolo et ses descendants



Un charme britannique qui l’impose en France


Profitant de l’anglophilie de la fin du 19ème siècle, le Labrador arrive en France dès 1896, grâce aux Comtes Adelbert de Bagneux et Justinien Clary, férus de chasse. Cependant le club de race français, le Retriever Club de France ne voit le jour qu’en 1911 et ce n’est qu’après la seconde Guerre mondiale que sa popularité grandit et que sa polyvalence s’affirme.
A l’heure actuelle, la grande majorité des chiens français sont issus de lignées britanniques.  Chez le Labrador noir, par exemple, les lignées issues du champion Sandylands Marks (né en 1965) et du champion Mardas Mariner (né en 1983) priment.

Même s’il a gagné le cœur de tous les foyers par sa gentillesse et son dévouement, le Labrador reste encore attaché aux  personnes de pouvoir si l’on en croit les nombreux présidents à travers le monde qui l’on choisit comme compagnon, du Buddy de Bill Clinton à la Koni de Vladimir Poutine. Depuis George Pompidou, tous les présidents français ont fait entrer un Labrador à L’Elysée, peut-être pour que ses qualités de dévouement et de loyauté les inspirent ! Le chanteur Renaud rendra ainsi hommage à Baltique, la chienne de François Miterrand, restée à attendre sur le perron de l’Eglise de Jarnac lors de l'enterrement de son maître.